Guide fiscal

Frais et fiscalité d'un achat immobilier en Andalousie

Mis à jour le 20 septembre 2026

L'essentiel

Un achat immobilier en Andalousie génère des frais qui s'ajoutent au prix affiché : entre 8 % et 12 % du prix selon qu'il s'agit d'un bien ancien ou neuf. À cela s'ajoutent, une fois propriétaire, des coûts récurrents (IBI, charges de copropriété, assurance, impôt sur le revenu des non-résidents) et, à la revente, une plus-value et une retenue spécifique pour les non-résidents. Ce guide détaille chaque poste avec des exemples chiffrés sur une base de 1 000 000 €. Les taux mentionnés sont ceux en vigueur en Andalousie en 2025-2026 et doivent être confirmés au cas par cas avec un avocat fiscaliste.

Deux fiscalités selon l'ancien ou le neuf

La fiscalité applicable à l'achat dépend d'abord d'un critère simple : le bien est-il considéré comme neuf (première transmission par le promoteur) ou comme ancien (deuxième transmission ou plus) ? Dans le premier cas, l'acquisition est soumise à la TVA (IVA) au taux de 10 % sur le prix, complétée par l'AJD (Actos Jurídicos Documentados), un droit d'enregistrement des actes notariés dont le taux en Andalousie est de 1,2 %. Dans le second cas, l'acquisition relève de l'ITP (Impuesto de Transmisiones Patrimoniales), un impôt régional dont le taux en Andalousie est fixé à 7 % du prix, sans distinction de tranches depuis la réforme régionale.

Cette différence de régime explique une bonne partie de l'écart de coût total entre un achat dans le neuf et un achat dans l'ancien, même si le neuf implique par ailleurs souvent des frais de constitution de copropriété et de premières charges plus élevés. Le choix entre ancien et neuf ne doit donc jamais se faire sur le seul prix affiché, mais sur le coût total d'acquisition.

La qualification d'un bien comme neuf ou ancien peut aussi dépendre de règles précises (délai depuis la première occupation, identité du vendeur), qu'il convient de faire vérifier par l'avocat avant la signature du contrat d'arras, car une erreur de qualification fiscale peut entraîner un redressement ultérieur à la charge de l'acheteur.

Les frais annexes à l'achat : notaire, registre, avocat, gestoría

Au-delà de l'impôt principal (ITP ou TVA + AJD), plusieurs frais fixes ou proportionnels s'ajoutent systématiquement :

  • Notaire : les honoraires sont fixés par barème officiel et dépendent du prix et de la longueur de l'acte ; comptez généralement entre 0,2 % et 0,5 % du prix, dégressif avec la valeur du bien.
  • Registre de la propriété (Registro de la Propiedad) : l'inscription de l'achat, souvent de la moitié à deux tiers du coût notarial, soit environ 0,1 % à 0,3 % du prix.
  • Avocat : un avocat indépendant de l'acheteur (fortement recommandé, notamment pour les non-résidents) facture en général environ 1 % du prix hors taxe, plus 21 % de TVA sur ses honoraires, avec un minimum forfaitaire courant de 2 500 à 3 500 € sur les petites transactions.
  • Gestoría : cet intermédiaire administratif s'occupe des démarches fiscales et de l'enregistrement ; son coût est modeste, de l'ordre de 300 à 600 €.
  • Frais bancaires et d'hypothèque : ouverture de compte, virement international, et en cas de financement, frais de dossier, expertise (tasación) obligatoire (environ 300 à 600 €) et frais d'inscription hypothécaire au registre. Depuis la réforme de la loi hypothécaire de 2019, l'essentiel des frais et taxes liés à la constitution de l'hypothèque (AJD hypothécaire, notaire de l'hypothèque, registre) est à la charge de la banque, ce qui a réduit le coût pour l'emprunteur, mais les frais d'expertise et d'ouverture de dossier restent généralement dus par l'acheteur, selon la banque.

Il est recommandé de demander un devis écrit détaillé à chaque intervenant (notaire, avocat, gestoría, banque) avant de signer quoi que ce soit, car les pratiques tarifaires varient sensiblement d'un cabinet à l'autre, en particulier pour les honoraires d'avocat qui ne sont pas réglementés.

Frais d'acquisition pour un bien à 1 000 000 € — ancien vs neuf
PosteAncien (%)Ancien (€)Neuf (%)Neuf (€)
ITP7,0 %70 000 €
TVA (IVA)10,0 %100 000 €
AJD1,2 %12 000 €
Notaire≈0,3 %≈3 000 €≈0,3 %≈3 000 €
Registre de la propriété≈0,15 %≈1 500 €≈0,15 %≈1 500 €
Avocat (≈1 % + TVA)≈1,2 %≈12 000 €≈1,2 %≈12 000 €
Gestoría≈0,05 %≈500 €≈0,05 %≈500 €
Total indicatif≈8,7 %≈87 000 €≈12,7 %≈127 000 €

Les coûts récurrents une fois propriétaire

La possession d'un bien en Andalousie génère des charges annuelles à intégrer dans le budget de long terme :

  • IBI (Impuesto sobre Bienes Inmuebles), la taxe foncière locale, calculée sur la valeur cadastrale (valor catastral), généralement bien inférieure à la valeur de marché ; le taux varie selon la commune.
  • Taxe basura, la taxe de ramassage des ordures ménagères, facturée séparément par la mairie, de l'ordre de 150 à 400 € par an selon la commune et le type de bien.
  • Charges de copropriété (comunidad de propietarios), mensuelles, très variables selon les services (piscine, jardins, sécurité, conciergerie) : d'un immeuble d'appartements standard à une résidence de luxe avec services hôteliers, l'écart peut aller de 100 € à plus de 1 000 € par mois.
  • Assurance habitation, obligatoire en cas de crédit et fortement recommandée dans tous les cas, dont le coût dépend de la valeur du bien et de son contenu.
  • Impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR, modelo 210) : même sans location, un non-résident propriétaire en Espagne doit déclarer chaque année un revenu immobilier imputé (imputación de renta inmobiliaria), calculé sur un pourcentage de la valeur cadastrale, et payer l'impôt correspondant, généralement au taux de 19 % pour les résidents de l'Union européenne, de l'Espace économique européen et, sous certaines conditions, du Royaume-Uni, et de 24 % pour les autres pays. En cas de location, les revenus locatifs réels remplacent ce revenu imputé et sont imposés selon des règles spécifiques, avec déduction des charges pour les seuls résidents de l'UE/EEE.
Exemple de coûts récurrents annuels par typologie (hors modelo 210)
PosteAppartement (≈500 000 €)Villa (≈2 000 000 €)
IBI≈800 à 1 500 €/an≈3 000 à 6 000 €/an
Taxe basura≈150 à 250 €/an≈250 à 400 €/an
Charges de copropriété≈150 à 400 €/mois≈500 à 1 500 €/mois (ou entretien privé équivalent)
Assurance habitation≈300 à 600 €/an≈1 500 à 4 000 €/an

Impôt sur la fortune : la bonification andalouse

L'Espagne applique un impôt sur le patrimoine (Impuesto sobre el Patrimonio) régional, dont les règles varient selon la communauté autonome. Depuis 2022, l'Andalousie a mis en place une bonification à 100 % de cet impôt régional, ce qui signifie qu'un propriétaire dont le patrimoine espagnol est fiscalement rattaché à l'Andalousie ne paie en pratique pas d'impôt sur la fortune régional, sous réserve du dépôt de la déclaration et des seuils d'exonération habituels (résidence principale pour les résidents, minimum exonéré pour les non-résidents).

Cette bonification régionale ne supprime toutefois pas l'impôt de solidarité sur les grandes fortunes (Impuesto de Solidaridad de las Grandes Fortunas), un impôt national créé pour éviter que les bonifications régionales ne réduisent totalement l'imposition des patrimoines les plus élevés. Il s'applique aux patrimoines nets supérieurs à 3 000 000 €, avec un mécanisme qui déduit l'impôt régional déjà payé, de sorte qu'en Andalousie, où la bonification régionale est totale, c'est en pratique cet impôt national qui s'applique au-delà du seuil. Ce point mérite un examen individuel avec un fiscaliste, car il dépend de la composition et de la valorisation du patrimoine mondial du contribuable, et non du seul bien espagnol.

La revente : plus-value, retenue de 3 % et plusvalía municipale

À la revente, deux impositions distinctes s'appliquent au vendeur non-résident. D'une part, la plus-value réalisée (différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition, ajusté des frais et améliorations) est imposée au taux de 19 %. D'autre part, l'acheteur est légalement tenu de retenir et de reverser à l'administration fiscale 3 % du prix de vente, à titre d'acompte sur cet impôt dû par le vendeur non-résident ; cette retenue est ensuite régularisée par le vendeur dans sa déclaration, avec remboursement de l'excédent si la retenue dépasse l'impôt réellement dû.

S'ajoute, à la charge du vendeur, la plusvalía municipale (Impuesto sobre el Incremento de Valor de los Terrenos de Naturaleza Urbana), une taxe communale calculée sur l'augmentation de la valeur cadastrale du terrain depuis l'acquisition, et non sur le prix de vente. Depuis la réforme de 2021, le contribuable peut choisir la méthode de calcul la plus favorable, et l'impôt n'est pas dû si aucune plus-value cadastrale n'est démontrée. Son montant dépend fortement de la commune et de la durée de détention, et doit être estimé au cas par cas avant toute mise en vente.

Enfin, la durée de détention influe aussi sur d'éventuelles conventions fiscales bilatérales entre l'Espagne et le pays de résidence du vendeur, qui peuvent modifier les modalités d'imposition de la plus-value dans le pays d'origine ; un vendeur non-résident a donc intérêt à anticiper ces règles avec un conseil fiscal des deux côtés, idéalement avant même la signature du compromis de vente.

Questions fréquentes

Quel budget total prévoir en plus du prix d'achat ?

Comptez environ 8 % à 9 % du prix pour un bien ancien (ITP à 7 % plus notaire, registre, avocat et gestoría) et environ 12 % à 13 % pour un bien neuf, en raison de la TVA à 10 % et de l'AJD à 1,2 %. Ces montants n'incluent pas les frais bancaires en cas de financement.

L'ITP est-il négociable ou dégressif selon le prix ?

Non, l'ITP est un impôt fixé par la région, non négociable, et en Andalousie le taux appliqué est un taux unique de 7 % du prix déclaré, sans tranches progressives. Il est calculé sur la valeur la plus élevée entre le prix payé et la valeur de référence cadastrale.

Dois-je payer un impôt même si je ne loue pas mon bien ?

Oui. En tant que non-résident propriétaire en Espagne, vous devez déclarer chaque année un revenu immobilier imputé via le modelo 210, calculé sur un pourcentage de la valeur cadastrale, et payer l'impôt correspondant, même en l'absence de toute location.

Vais-je payer l'impôt sur la fortune espagnol ?

En Andalousie, l'impôt régional sur la fortune bénéficie d'une bonification de 100 %, ce qui le rend en pratique nul. Toutefois, l'impôt de solidarité national sur les grandes fortunes peut s'appliquer si votre patrimoine net mondial dépasse 3 000 000 €, un point à vérifier avec un fiscaliste.

Qu'est-ce que la retenue de 3 % à la revente ?

Lorsqu'un non-résident vend un bien en Espagne, l'acheteur est tenu de retenir 3 % du prix de vente et de le reverser directement au fisc, comme acompte sur l'impôt sur la plus-value dû par le vendeur. Ce montant est ensuite régularisé lors de la déclaration du vendeur.

Qu'est-ce que la plusvalía municipale et qui la paie ?

C'est une taxe communale due par le vendeur, calculée sur l'augmentation de la valeur cadastrale du terrain depuis l'achat, et non sur le prix de vente réel. Depuis 2021, elle n'est pas due si aucune plus-value cadastrale ne peut être démontrée, et son montant doit être estimé au cas par cas avant la vente.

Les frais d'hypothèque sont-ils à ma charge en tant qu'emprunteur ?

Depuis la réforme de 2019, l'AJD, le notaire et le registre liés à l'acte d'hypothèque sont à la charge de la banque, ce qui a réduit le coût pour l'emprunteur. Les frais d'expertise du bien et, selon la banque, certains frais de dossier restent généralement à votre charge.

Les charges de copropriété varient-elles beaucoup selon le bien ?

Oui, considérablement. Un appartement standard peut coûter 150 à 400 € par mois de charges, tandis qu'une résidence de luxe avec sécurité, conciergerie et jardins étendus peut dépasser 1 000 € par mois. Il faut toujours demander le détail des charges avant l'achat.